Henri MANGUIN (1874-1949)

Jeanne debout au ruban orange

  • Jeanne debout au ruban orange

    Huile sur toile marouflée sur panneau parqueté
    exécutée à la Villa Demière en 1907
    signée en bas à droite : Manguin
    41 x 33 cm.

    Certificat d’authenticité établi par M. Jean-Pierre Manguin.

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    Provenance :
    Mme Henri Manguin, Saint-Tropez, 1949
    Collection privée, Paris
    Connaught Brown, Londres
    Collection privée, Londres
    Galerie des Arts, Nîmes
    Collection privée, Arles.

    Expositions :
    Genève, Galerie Motte, Manguin, 1958, n°32.
    Paris, Salon de couture Manguin, Henri Manguin : toiles Fauves, 1958, n°2
    Paris, Galerie de Paris, Manguin : peinture de Saint-Tropez, 1960, n°1 daté 1905 Cagnes, Château-Musée, Manguin, 1965, n°33
    Recklinghausen, Städtische Kunsthalle Variationen, 1966, n°115
    Montrouge, Centre administratif, hommage à Manguin, 1967, n°M
    Nice, Palais de la Méditerranée, Henri Manguin, plus de cent cinquante œuvres, 1969, n°29
    Paris, Galerie de Paris, Centenaire Henri Manguin, 1976, n°38.

    Littérature :
    Marie Caroline Sainsaulieu, Henri Manguin, Catalogue raisonné de l’œuvre peint sous la direction de Lucile et Claude Manguin, éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, 1980, n°261 reproduit p.122.

    Note :
    Après son séjour en 1906 à Cavalière où Manguin avait voulu se rapprocher de son ami Henri-Edmond Cross, regrettant cette chère « villa Demière », il la loue à nouveau et y arrive le 15 mai 1907.
    Hélas huit jours plus tard, Jeanne tombe malade. Puis peu après, la Compagnie de l’Ouest de Paris, devant ajouter des voies de chemin de fer, lui demande d’enlever son atelier démontable édifié sur le terrain concerné, rue Boursault. Vers le 11 juin, il écrit à Matisse : « Tout s’est compliqué ici de singulière façon. Une série du plus beau noir d’ivoire ».

    Obligé de retourner à Paris début juillet, enfin, il se remet à peindre et réalise « Jeanne debout au ruban orange » dans la lumière de l’été. Jeanne pose sur le deuxième balcon de la villa Demière, côté plus ombragé par les arbres qui cachent la vue sur le golfe et Saint-Tropez, visible sur un tableau de 1905 (Fig. I).

    Au centre du tableau, Jeanne porte un chapeau de paille jaune réhaussé d’un ruban orange et elle a noué à sa taille une large ceinture également orange sur une robe blanche où se mêlent des reflets roses et verts. Ainsi, toute cette gamme de tonalités s’harmonise magnifiquement avec l’ensemble de la toile. Harmoniser fut un but dans la vie de Manguin, ainsi qu’une de ses principales raisons de peindre.

    Jean Pierre Manguin

Jeanne debout au ruban orange

Huile sur toile marouflée sur panneau parqueté
exécutée à la Villa Demière en 1907
signée en bas à droite : Manguin
41 x 33 cm.

Certificat d’authenticité établi par M. Jean-Pierre Manguin.

Henri-Charles Manguin est né à Paris en 1874. Orphelin de père à six ans, il est élevé, avec sa sœur, par sa mère. Celle-ci ne le contrarie pas quand, à quinze ans, il songe à arrêter sa scolarité pour se consacre à la peinture. Ainsi, quatre ans plus tard, il quitte le foyer, s’installe à Montmartre et rentre comme élève dans l’atelier de Gustave Moreau. Il se lie d’amitié avec Marquet, Puy et Matisse, fréquente Rouault, Valtat et Camoin.
En 1899, il épouse Jeanne qui lui donnera trois enfants et celle-ci l’inspirera pendant plus de trente ans. Dans leur maison des Batignolles, Manguin installe un atelier dans le jardin qui deviendra un haut lieu de discussion des anciens de Moreau.

En 1897, il expose pour la première fois à la Société Nationale des Beaux-Arts. A partir de 1902, il participe au Salon des Indépendants dont il restera fidèle pendant plus de dix ans.

C’est en 1904 qu’il découvre Saint-Tropez pour ne plus s’en détacher. Il est frappé par la lumière et la beauté de la végétation. Il loue la ville Demière durant l’été 1905 et de là naitront de nombreuses toiles majeures dans l’œuvre du peintre : l’atmosphère exalte le peintre qui traduit son bonheur par une peinture haute en couleurs, affirmée, intense, expressive.

En 1905, il participe au Salon d’Automne dans la « cage aux fauves », où il présente cinq tableaux. Bien que considéré comme l’un des créateurs du mouvement fauve, on note chez lui toute l’influence de Cézanne : souci de la logique dans la construction, harmonie des tonalités de couleurs, importance du décor, sans omettre sa propre touche dans l’utilisation fougueuse et mouvementés de tons forts. C’est en cette même année qu’il entre à la galerie Druet, puis chez Vollard et Bernheim jeune.

Le Salon d’automne de 1909, est présenté par Manguin et salué par les critiques. Parallèlement, il expose à l’étranger, Russie à l’exposition internationale, Biennale de Venise, Etat unis. Sa vie est faite de séjours plus ou moins longs en France (Sanary, Cassis), mais son cœur reste à Saint-Tropez. il s’installe en Suisse durant la guerre 1914-1918 et revient à Saint-Tropez et Paris en 1919. Il voyage la Bretagne, Bordeaux, St Paul de Vence, Avignon où il se réfugia en 1940.

Il retourne à Saint-Tropez définitivement en 1949 et y meurt le 25 septembre. Il a soixante-quinze ans, avec Jeanne, ils venaient de célébrer leurs cinquante ans de mariage.

« Peintre du bonheur », Henri-Charles Manguin est avant tout un peintre d’instinct, tirant de ses émotions à fleur de peau une peinture qui donne à voir la vie dans toute sa beauté. Recherchant l’effet, il livre sur la toile l’éblouissement fébrile que lui provoquent les éléments en nous offrant un monde transfigurée éclatant de couleurs.

Henri MANGUIN

Titre : Henri Manguin: catalogue raisonné de l’oeuvre peint
Auteurs : Marie-Caroline Sainsaulieu, Lucile Manguin, Claude Manguin
Éditeur : Ides et Calendes, 1980
ISBN : 2825800929
432 pages