Henri MATISSE (1869-1954)

Femme nue allongée

Baigneuse allongée

Collioure, Plage Saint-Vincent

  • Femme nue allongée

    Aquarelle et crayon sur papier
    exécutée à Collioure circa 1905
    signée en bas à droite : Henri Matisse
    20,8 x 27,1 cm.

    Une annotation confirmant l’authenticité pourra être écrite au dos de l’oeuvre par Mme Wanda de Guébriant.

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    Provenance :
    Ernest Kanzler, Jupiter Island, Floride (acquis en Europe avant 1950)
    Puis par descendance

  • Baigneuse allongée

    Aquarelle sur papier
    exécutée à Collioure en 1905
    signée en bas à droite : Henri Matisse
    21 x 27 cm.

    Cette oeuvre est accompagnée d'un certificat d’authenticité de Mme Wanda de Guébriant.

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    Provenance :
    Galerie Thannhauser, Munich
    Justin K. Thannhauser, New York
    Christie’s, New York, 13 mai 1987, lot n°110
    Collection privée, Paris.

    Note :
    Réalisée lors de son deuxième été passé à Collioure, en compagnie de Derain en 1905, cette aquarelle est un des premiers nus fauves de Matisse. Il annonce l’importance de ce sujet dans l’œuvre du génie de la peinture moderne. Cette femme nue, allongée sur une plage, est une illustration parfaite des contraintes auxquelles Matisse sera confronté tout au long de sa carrière : faire coexister au sein d’une même œuvre la ligne (dessin) et la touche (couleur) (Fig. I). Cette aquarelle est le témoin de l’évolution de la peinture de Matisse au début du XXe siècle. Ici nous pouvons avoir cette sensation d’inachevé, mais il s’agit bien d’une œuvre totalement aboutie, volontairement laissée libre à certains endroits, afin d’accentuer la douceur et afin de laisser place à l’essentiel : la couleur. Même si l’on ne distingue pas forcément plusieurs plans dans cette œuvre, mais plutôt une évolution dans l’intensité du sujet, partant du sable vers la roche d’une crique de Collioure, on découvre deux techniques bien distinctes :
    • La plage,bien que traitée selon la méthode du divisionnisme découverte un an auparavant en compagnie de Signac, ne suit pas les techniques traditionnelles du pointillisme, Matisse utilise sa propre méthode. La touche n’est pas très fine et organisée comme le préconise la doctrine divisionniste, mais elle est plus large et surtout plus vivante. Elle part dans le même sens (comme le reste de l’œuvre, de gauche à droite) nous dévoilant directement ce qu’elle représente, formant beaucoup plus de mouvement que de rigueur, et instaurant une grande modernité dans ce nu ensoleillé.
    • On perçoit la deuxième technique, plus représentative de son art futur, dans la représentation de la roche.Travaillée par des aplats colorés, elle nous dévoile ce que sera la future « touche Matissienne » tant aimée par le monde de l’art. Même si la priorité de l’artiste reste la couleur, cette harmonie colorée est appuyée par des lignes continues qui soulignent certains contours indispensables à la profondeur. Les couleurs utilisées par Matisse pour représenter cette roche sont exactement les mêmes que celles habituellement utilisées pour représenter ce que l’on ne voit pas dans cette aquarelle : le bleu ciel de la mer et le jaune du soleil.
    Le nu, sujet principal de l’œuvre, est ici traité avec beaucoup de douceur dans la couleur comme dans le modelage. Les touches inégales et colorées de la plage viennent effleurer le corps tout en provoquant l’impression de repos. Les quelques touches orange de cette aquarelle sont disposées le long du corps afin d’accentuer la symbiose entre le modèle et le paysage. Matisse utilise délicatement le crayon pour souligner avec beaucoup de finesse et en quelques lignes, le modelage de ce nu. Les quelques couleurs utilisées sur le corps de cette femme sont en totale harmonie avec le reste de la composition, le rose pâle pour les jambes et le visage ainsi que le bleu ciel délicatement positionné sur le buste, provoquent une immersion totale du modèle dans cette scène de plage. Malgré la douceur générale de cette œuvre, les couleurs sont franches et jaillissent avec force au bon endroit instaurant une harmonie basée sur l’équilibre des couleurs complémentaires. La volonté de Matisse, de peindre avec des tons purs afin de retranscrire un maximum d’expression et d’émotion, est parfaitement représentée dans cette très rare œuvre fauve. Seulement quelques œuvres ont été exécutées de cette manière en 1905 par Henri Matisse, dont les plus intéressantes sont l’étude pour « Le Bonheur de vivre » (Fig. I) et « La Plage rouge » (Fig. II).

  • Collioure, Plage Saint-Vincent

    Aquarelle et crayon sur papier
    exécutée en 1905
    signée en bas à droite
    20,6 x 27 cm (8 1/8 x 10 5/8 inches)

    Certificat d’authenticité établi par Mme Wanda de Guébriant

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Femme nue allongée

Aquarelle et crayon sur papier
exécutée à Collioure circa 1905
signée en bas à droite : Henri Matisse
20,8 x 27,1 cm.

Une annotation confirmant l’authenticité pourra être écrite au dos de l’oeuvre par Mme Wanda de Guébriant.

Baigneuse allongée

Aquarelle sur papier
exécutée à Collioure en 1905
signée en bas à droite : Henri Matisse
21 x 27 cm.

Cette oeuvre est accompagnée d'un certificat d’authenticité de Mme Wanda de Guébriant.

Collioure, Plage Saint-Vincent

Aquarelle et crayon sur papier
exécutée en 1905
signée en bas à droite
20,6 x 27 cm (8 1/8 x 10 5/8 inches)

Certificat d’authenticité établi par Mme Wanda de Guébriant

Henri Matisse nait au Cateau-Cambrésis en 1869, il devient tout d’abord clerc d’avoué, avant de s’intéresser et de se consacrer entièrement à la peinture. Il se rend à Paris pour suivre des cours à l’Académie Julian dès 1891, puis il fréquente pendant plus de cinq ans l’atelier de Gustave Moreau à l’école des Beaux-arts. Il y rencontre entre autre Albert Marquet. Henri Matisse fait également la connaissance d’André Derain et de Maurice de Vlaminck, en fréquentant l’atelier Camillo, où Eugène Carrière vient faire ses corrections.

Henri Matisse peint tout d’abord des natures mortes dans une veine post-impressionniste, avant de devenir le chef de file du premier mouvement d’avant-garde du XXe siècle : le fauvisme. En 1904, il réalise des œuvres dans un style divisionniste, Luxe, calme et volupté est l’une de ses pièces maîtresses de ces premières années. Henri Matisse est un penseur, il réfléchit beaucoup à son art, il rédige notamment les Notes d’un peintre, qui permettent au lecteur de comprendre sa réflexion. Le peintre redéfinit les espaces et s’intéresse à la juxtaposition de couleurs pures. Grâce au scandale provoqué par ses œuvres Fauves, Henri Matisse rencontre de grands mécènes russes et américains qui le soutiennent en lui passant des commandes d’œuvres très avant-gardistes. Il suit son ami André Derain à Collioure et transpose à sa manière la lumière méditerranéenne. En 1910, une grande rétrospective à la galerie Bernheim-Jeune à Paris lui est consacrée. Dans les années 1912/13, il voyage au Maroc et réalise de nombreux portraits d’orientaux. La thématique du portrait féminin est récurrente dans son œuvre, il représente tant des odalisques que les femmes de sa vie : son épouse et sa fille Marguerite. En 1914, il expose à Berlin, un an plus tard c’est à New York que ses œuvres sont applaudies. Paris, Londres, Copenhague, et d’autres capitales lui consacrent de grandes expositions dans les années 1920/1930. Sa renommée dépasse largement les frontières et atteint même les Etats-Unis. Malgré une santé fragile, il voyage aux Etats-Unis en 1930. Henri Matisse s’installe définitivement à Nice en 1941. Il peint alors dans un style plus décoratif. Devant rester alité, il découpe des gouaches qu’il assemble en collage. En 1946/1947, il entreprend la décoration de la chapelle Saint-Paul de Vence dans un style tout à fait novateur, Henri Matisse meurt en 1954, suite à une longue maladie.

Après 1930, Henri Matisse réalise essentiellement des dessins au trait qui sont exécutés à la plume ou au crayon, pour que le trait soit net et précis. D’un seul coup de crayon, il donne naissance à un portrait féminin qu’il décline sous toutes ses coutures. Henri Matisse tend à l’économie de moyens dans ses années là, pour créer des œuvres qui ont une grande force expressive.